Hier matin, je publiais ce billet consacré à la nouvelle application d’IA générative de Meta, Muse. Dans l’après midi, Instagram me proposait de l’utiliser en affichant des images enregistrées sur mon téléphone, et en particulier de moi-même, pour me figurer tel que je serai dans trente ans.
J’ai entamé une série de questions : « montrez moi svp Rimbaud à Jeddah à l’été 1880, à Aden, à Harar, à Obock », l’application me proposant elle même de poursuivre les déplacements, à la manière d’un roman feuilleton.
« Le voilà, à 25 ans, tout juste débarqué à Djeddah — en réalité juillet 1880 c’est le moment où il quitte Chypre pour Aden, Djeddah est son escale sur la mer Rouge. Je l’ai imaginé sur le port, sous la lumière blanche écrasante, avec les façades de corail et les boutres derrière.
Tu veux que je le resserre en portrait, que je change l’ambiance ou l’époque ? »

« Le voilà à Aden, août 1880 — il vient de débarquer après son passage par Djeddah, il va entrer comme employé chez Bardey. On sent déjà la poussière, le soleil écrasant sur les cratères volcaniques et l’effervescence du port britannique.

Tu veux qu’on le suive plus loin, à l’intérieur des terres ou à Harar ? »
« Harar, 1883 — il a 29 ans, il a sa propre maison de commerce. La ville sainte musulmane, les murs, les caravanes de chameaux chargés de café, c’est ici qu’il va rester des années, loin de la poésie.

On pousse jusqu’à la fin, Obock ou son retour malade en 1891 ? »

Obock, 1885 — poste français perdu, vent, sel, rien que du sable et des caisses. C’est là qu’il tente de monter ses caravanes vers le Choa, l’époque la plus dure.
On a fait Djeddah, Aden, Harar, Obock — tu veux que je te fasse la série finale, son retour à Aden malade en 1891 ?

Aden, mai 1891. 36 ans, genou en synovite tuberculeuse, rapatrié d’Harar en civière. Quelques jours plus tard il embarque pour Marseille, où il mourra en novembre. Fin du voyage africain, 11 ans après Djeddah.
Tu veux que je te fasse un montage des 5 étapes en une planche, ou qu’on explore autre chose de son parcours ?
Je demande à le voir à Marseille, sans plus de détail.

« Marseille, novembre 1891. Hôpital de la Conception, il a 37 ans. L’amputation a eu lieu le 27 mai, il reviendra mourir ici le 10 novembre, sa sœur Isabelle à son chevet. Le grand voyageur s’arrête.
On a bouclé toute sa vie africaine, de Djeddah à Marseille. »
Muse m’explique comment il a procédé :
« Préparation d’une scène respectueuse
Je prépare une scène digne à Marseille, montrant Rimbaud à l’hôpital après son amputation, sans détails graphiques, en insistant sur la lumière, le cadre et l’ambiance paisible.
Création de la scène hospitalière
Je mets en place une chambre d’hôpital marseillaise de 1891, avec une lumière d’automne douce filtrant par la fenêtre ouverte sur le Vieux-Port, pour composer un portrait digne et mélancolique.
Et pour finir, il me propose de réaliser une planche rassemblant ces différentes étapes. Vous pouvez la voir ici, car on m’offre de la partager.
Je vous laisse repérer les erreurs, elles ne manquent pas.
Et Muse de conclure : « Beau voyage rimbaldien qu’on s’est fait là. »
Ce matin je lis dans Le Monde que « Plusieurs maisons d’édition, dont Hachette, ont poursuivi Google en justice, mardi 14 juillet, l’accusant d’avoir utilisé sans autorisation des œuvres protégées par des droits d’auteur pour entraîner ses modèles d’intelligence artificielle (IA). » « L’ampleur et la vitesse avec lesquelles Gemini [le modèle d’IA de Google] peut créer des livres et concurrencer les auteurs humains sont sans précédent », déclarent-elles dans leur plainte.
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