Pour donner suite au commentaire de Jean-Jacques Salgon sur le billet que j’ai publié sur Facebook et LinkedIn (« Le Rimbaud qui négocia avec Ménélik ne ressemblait absolument pas à ce dandy tiré des portraits de Carjat. »).
Comment s’attendre à ce que les algorithmes de l’IA prennent en compte la représentation pourtant historiquement documentée de Rimbaud en Afrique et en Arabie après qu’il a quitté l’Europe et toute idée d’une « carrière littéraire » ? C’est bien sûr la figure d’un dandy, jeune et beau, qui prédomine, l’IA étant d’ailleurs entraînée par les innombrables créations qui le représentent sous ce cliché stupide.
Je vous en donne à voir ici quelques exemples obtenus avec la requête (« prompt ») : Rimbaud se photographie à Harar en 1883 dans un jardin de bananes. Je vous laisse juges. La dernière le montre faisant un selfie !
Les images sont d’une netteté irréprochable alors que la réalité de sa représentation photographique dans la Corne de l’Afrique, dans cette autre partie de sa vie, tend vers une disparition, l’effacement. Les épreuves, mal lavées, font ses autoportraits presque illisibles. Rimbaud y devient spectral.
N’avait-il pas écrit dans « Mauvais sang », paru en 1873 dans le recueil « Une saison en enfer » : « Certains que j’ai rencontrés ne m’ont peut-être pas vu. »




