Pendant l’année 1886, Rimbaud circule entre Aden, Obock et Tadjoura, occupé à préparer la caravane qu’il entend conduire au Choa, sur les hautes terres de l’Abyssinie, qu’on appelle aujourd’hui l’Éthiopie. Il la mènera au pays du négus Menelik, son destinataire.
Ce pays d’Obock et Tadjoura acheté par les Français en mars 1862 pour la somme de 10 000 thalers (55 000 francs-or) est occupé à partir des années 1880 par des aventuriers négociants français qui ont entrepris de fonder un port à Obock avec le soutien de la France du Second Empire (Napoléon III) engagée dans l’entreprise coloniale en mer Rouge et au-delà (Madagascar, Indochine…).
Il s’agit de créer une escale et un point d’avitaillement en charbon, concurrents d’Aden, pour les navires en route vers les Mascareignes et l’Extrême-Orient.
La rivalité impériale entre les puissances occidentales (l’Égypte est sortie du jeu en 1885) et les enjeux commerciaux du moment, notamment le contrôle des routes maritimes et la surveillance du trafic, y compris la traite esclavagiste dans la région, sont au centre des questions.
L’installation française préfigure la création de la Côte française des Somalis (décret du 20 mai 1896). La ville de Djibouti, mieux située pour l’accostage, les trafics maritime et caravanier, n’existe pas encore (mais Rimbaud prédit au site qui va l’abriter un excellent avenir.)
Avec Jean-Jacques Salgon et Philippe Oberlé, nous avions raconté cela autour d’un fil rouge qui était la rencontre de Rimbaud et du Nîmois Paul Soleillet dans l’exposition Rimbaud-Soleillet. Une saison en Afrique présentée en 2020 au Carré d’Art, à Nîmes et dans un petit ouvrage-catalogue rédigé ensemble.

La présence de Rimbaud sur ces rivages du golfe d’Aden est parfaitement documentée par des témoignages, mais surtout par sa correspondance. Rimbaud informe les siens en particulier des préparatifs de sa caravane qui prend du temps à se constituer et partira au mois d’octobre. Il avait aussi demandé à recevoir le dictionnaire de la langue amarĭñña publié par Antoine d’Abbadie.

J’ai publié un livre, qui est une enquête en hommage au formidable, mais assez méconnu, photographe que fut Édouard Bidault de Glatigné.

Dans une première partie, je plante le décor (contexte historique et géographique), dans une deuxième, j’y reproduis un ensemble inédit d’une cinquantaine de photographies que Bidault a prises à Obock et Tadjoura dans les années 1880.


En France, en mai-juin 1886, Paul Verlaine a fait paraître dans les numéros 5 à 9 de La Vogue les poèmes en prose des Illuminations, ainsi que de nombreux vers de 1872 (sans que Rimbaud en sache rien).
Comme prédemment, je fournis à l’application Nano Banana trois images historiques comme références des lieux et je demande de me montrer Rimbaud à Obock puis à Tadjoura en 1886.

En voici les résultats :







Dans un prochain billet, l’analyse de ces expériences.
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