Lettre de Rimbaud du 18 novembre 1885

Jean-Jacques Salgon me signale la mise en vente prochaine chez Christies d’une lettre d’Arthur Rimbaud adressée à sa famille, datée d’Aden, Hôtel de l’Univers, le 18 novembre 1885.

Rimbaud y annonce son départ pour le royaume du Choa, « une route terrible », « une cinquantaine de jours de marche à cheval par des déserts brûlants ».

Il souhaite se faire envoyer le dictionnaire de langue amhara d’Antoine d’Abbadie et il demande donc à sa famille d’écrire au directeur de la Librairie des langues orientales à Paris. « Je ne puis me passer de l’ouvrage pour apprendre la langue du pays où je vais et où personne ne sait une langue européenne, car il n’y a presque point d’Européens là jusqu’à présent. »

Conférence du Professeur Pierre Brunel

Conférence du Professeur Pierre Brunel.

Professeur émérite de littérature comparée à la Sorbonne où il a enseigné de 1970 à 2008, Pierre Brunel a été président de l’Association des Amis de Rimbaud et il est depuis 2015 membre de l’Académie des sciences morales et politiques où, dans la section Morale et Sociologie, il occupe le 34e fauteuil, traditionnellement dévolu à un littéraire. Un numéro spécial de la revue italienne Berenice lui a été consacré en 2016.
Après ses thèses de doctorat consacrées à Paul Claudel, il a consacré une
grande partie de ses travaux à Arthur Rimbaud, de Rimbaud ou l’éclatant
désastre
(1983, réédité en 2018) et Rimbaud – Projets et réalisations (la même année) à une étude stylistique sur Le Bateau ivre (2017). Il est l’auteur d’une édition des Œuvres complètes dans la Pochothèque et d’éditions commentées d’Une saison en enfer et des Illuminations. Ses positions personnelles sont clairement exprimées dans Ce sans-cœur de Rimbaud. Essai de biographie intérieure (1999, nouvelle édition, 2010) et Rimbaud sans occultisme (2000).
Lors d’un colloque qui s’est tenu à Shanghai en mai 2019, il a tenu à présenter « Rimbaud antique et moderne », et pour la présente conférence il a choisi comme titre « Le livre des fuites ».
Il a souvent fait des recherches à Charleville et il collabore régulièrement à
Rimbaud vivant, la revue publiée par l’Association des Amis de Rimbaud sous la direction de son président, Alain Tourneux.

Jeudi 3 octobre à 18:00. Médiathèque Voyelles. Charleville-Mézières.

Le Livre des fuites

 Conférence de Pierre Brunel
Conférence de Pierre Brunel

Le professeur Pierre Brunel nous fait l’amitié et le grand honneur de donner une conférence dans notre cycle de manifestations, intitulée « Le Livre des fuites ».

Elle se tiendra le jeudi 3 octobre à 18:00 dans l’auditorium de la médiathèque Voyelles.

Arthur Rimbaud Photographe

Conférence et présentation en avant-première du livre.

Après la table ronde réunissant Éloi Ficquet, André Guyaux et Jean-Luc Steinmetz, puis la soirée événement autour d’Alain Borer, je présenterai en avant-première Jeudi 19 septembre à 18:00 dans l’auditorium du musée de l’Ardenne, Place Ducale à Charleville-Mézières, le livre ARTHUR RIMBAUD PHOTOGRAPHE à paraître le 23 octobre aux éditions Textuel.

La conférence, abondamment illustrée, sera suivie d’une signature puis de la projection du film de Pierre Javelot VERS ZANZIBAR (22′).

Jean Rouaud en invité surprise

Jean Rouaud. DR

Inviter Alain Borer à donner une conférence, c’est ouvrir la porte aux surprises et aux amis.

Chehem Watta, en France pour quelques semaines, fera le voyage de Charleville et commencera la soirée en conversation avec Alain Borer.

Sera ensuite projeté un extrait du Voleur de feu, film de Charles Brabant, avec Léo Ferré, tourné à Harar en 1976.

Sophie Bourel dira des poèmes de Rimbaud en contrepoint de l’intervention d’Alain Borer, poète, écrivain-voyageur, romancier, essayiste…, auteur de nombreux livres sur le poète ardennais, prestation qu’il a choisi d’intituler : Rimbaud : la POÉVIE.

Et Jean Rouaud nous réserve une surprise.

Chehem Watta à Charleville

Le poète Chehem Watta, auteur de Rimbaud l’Africain. Diseur de silence, recueil de poèmes paru à l’Harmattan en 2012, sera parmi nous vendredi et dialoguera avec Alain Borer lors de la soirée consacrée aux années éthiopiennes d’Arthur Rimbaud, poète devenu explorateur négociant.

Chehem me dit le grand plaisir qu’il a de se rendre pour la première fois dans la ville natale d’Arthur Rimbaud.

L’actrice Sophie Bourel dira des textes de Rimbaud.

« ARTHUR RIMBAUD PHOTOGRAPHE », le livre

Une des feuilles du livre, tout juste imprimée.
Une des feuilles du livre, tout juste imprimée.
© H. FONTAINE.

« ARTHUR RIMBAUD PHOTOGRAPHE ».

Texte de Hugues FONTAINE.

216 pages. 149 photographies, cartes et illustrations dont un grand nombre d’inédits. 190 x 245 mm à la française, relié, couverture carton, dos rond. 35 €. Publié avec le soutien du Centre National du Livre.

À paraître prochainement aux éditions TEXTUEL.

Le 6 mai 1883, Arthur Rimbaud envoie à sa mère et à sa sœur Isabelle trois portraits « de moi-même par moi-même ». Mal lavées, ces épreuves blanchissent et son visage y est à peine lisible. Pourtant d’autres photographies qu’il vient de faire, de son adjoint le Grec Sotiro, d’un fabricant de sacs, sont de bonnes images. Que disent ces trois ratés ? Rimbaud se dissimule-t-il dans le paysage ? Pourquoi s’est-il fait photographe ? Quel était son projet à Harar ? Avec quel matériel a-t-il travaillé ? Combien a-t-il fait de photographies ?

Explorant cet aspect peu connu de la vie du poète devenu explorateur et négociant entre l’Arabie et l’Afrique, Hugues Fontaine, lui-même photographe, bon connaisseur du Yémen et de l’Afrique orientale, nous raconte l’expérience photographique de Rimbaud en Abyssinie (Éthiopie). Ce faisant, il nous offre une iconographie abondante, soigneusement composée et en grande partie inédite, augmentée de trois photographies qu’il vient de découvrir à Vienne, attribuées à Arthur Rimbaud en 1892 par l’explorateur autrichien Philipp Paulitschke, lequel s’était rendu dans la Corne de l’Afrique en février 1885.

ALAIN BORER. «Rimbaud : la POÉVIE»

Alain BORER- Photo © Hélie-Gallimard

Pour la prochaine manifestation autour de l’exposition RIMBAUD PHOTOGRAPHE, nous aurons le plaisir de recevoir Alain BORER le vendredi 28 juin à 18:00 à la Médiathèque Voyelles.

Développant L’Œuvre-vie d’Arthur Rimbaud, Alain Borer tire les dernière conclusions de l’unité profonde du poète-aventurier-négociant qui se disait « un piéton, rien de plus ».

http://www.alainborer.fr/

Rimbaud, pourquoi l’Éthiopie ?

La découverte de trois, voire quatre photographies que Rimbaud a pu prendre dans le pays des Gallas-Itous, longeant les monts Tchertcher, en compagnie de l’explorateur Jules Borelli, relance la question de son intérêt pour la photographie. Nous sommes en 1887. Il a revendu son propre appareil en 1885. On sait qu’il échangera, justement avec le même Borelli, en 1889, une correspondance où il sera question de cet autre étonnant photographe de l’Éthiopie qu’est Édouard Bidault de Glatigné, que Rimbaud connaît bien. 

« Bidault, pérégrinant et photographiant dans les monts du Harar » (lettre à Alfred Ilg, Harar, le 25 juin 1888).

« Je dis bonjour à Bidault de votre part. Il vous salue avec empressement. Il n’a pas encore pu placer sa collection de photographies du pays qui est à présent complète. On ne l’a pas rappelé au Choa ni ailleurs et il vit toujours dans la contemplation » (lettre à Jules Borelli, Harar, 25 février 1889).

Mausolée du sheykh Abader à Harar. Photographie d’Édouard Bidault de Glatigné vers 1888.
Coll. particulière.

Mais cette découverte nous parle au fond très bien de Rimbaud en Éthiopie.

Il y photographie des enfants et ce très beau rituel antique, pratiqué au quotidien, du lavage des pieds. Dido Lykoudis me dit qu’elle a vu faire cela chez sa grand-mère en Éthiopie.

Il compose ce tableau des enfants encadrant le massaub couché dans l’herbe. C’est le regard du poète.

Il photographie la katama du ras Darghé, une forteresse établie sur la route entre Entotto, la capitale du royaume, et la cité de Harar, qui était encore il y a peu gouvernée par l’émir musulman Abdullaï. Et là, c’est Rimbaud l’observateur du terrain politique. 

Samedi 25 mai à 18:00 à la médiathèque Voyelles de Charleville-Mézières, Éloi Ficquet, André Guyaux, Jean-Luc Steinmetz aborderont chacun à leur façon la question de Rimbaud en Éthiopie

Je montrerai en première partie des photographies prises en 1868 dans ce que les Européens nomment alors l’Abyssinie, et que Rimbaud a très probablement vues lorsqu’il était à Londres entre 1872 et 1874.

Éloi Ficquet est ardennais. Ce n’est pas pour suivre les traces d’Arthur Rimbaud, mais sans doute motivé par une quête d’ailleurs, qu’il a commencé par voyager en Éthiopie. Fasciné par un pays aux cultures, langues et religions multiples au carrefour des grandes civilisations du monde, il s’est consacré à l’étude de l’histoire des peuples de la Corne de l’Afrique du XVIe siècle jusqu’à aujourd’hui. Il a dirigé à Addis Abeba le centre français des études éthiopiennes, et c’est aujourd’hui à l’École des hautes études en sciences sociales qu’il enseigne.

Il propose de nous entretenir de « la fonction reliquaire d’Arthur Rimbaud dans l’étude de l’histoire contemporaine précoce d’Éthiopie ». 

André Guyaux nous parlera de : « Illusion, déception, ou le fort-da du voyageur ».

André Guyaux est professeur à la Faculté des lettres de Sorbonne Université, où il dirige le centre de recherche sur la littérature du XIXe siècle. Il est l’auteur d’une thèse sur les poèmes en prose de Rimbaud (Poétique du fragment. Essai sur les «Illuminations» de Rimbaud, 1985), d’une Bibliographie des «Illuminations» établie en collaboration avec Olivier Bivort (1991) et d’un essai intitulé Duplicités de Rimbaud (1991). Il a dirigé un Cahier de L’Herne Rimbaud (1993) et établi l’édition des Œuvres complètes de Rimbaud à la Pléiade (2009).

André Guyaux s’intéresse aussi à Baudelaire et à Huysmans. Il dirige, avec Pierre Jourde, une édition des Romans et nouvelles de Huysmans, à paraître en octobre 2019 dans la Bibliothèque de la Pléiade.

Jean-Luc Steinmetz a choisi de traiter de « Rimbaud, Éthiopie : incidences et coïncidences ».

Jean-Luc Steinmetz, professeur émérite de l’Université de Nantes, est biographe et poète.

Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles.